La professionnalisation du métier de coach

Cet article est de Gabriel Hannes, coach professionnel Certifié, enseignant en école de coaching, superviseur, Président de l’EMCC (Association Européenne de Coaching – France ) … entre autres.

Il intervient comme conférencier et auprès de nombreuses entreprises, en France et à Londres. En tant que référence sur le plan de métier de coach, cet article publié par lui au sein de réseau de coachs « Coach and Team » m’a paru très intéressant, et je lui ai demandé l’autorisation de le partager.

« Après avoir entendu récemment des personnes (vivant en plus de notre métier de coach directement ou indirectement) dire que c’était peut être une posture, mais sûrement pas un métier, et constatant que certains, parmi nous, se retrouvaient en difficulté pour défendre la conception de « métier de coach professionnel », je voulais apporter ma contribution.
Avant tout, je voudrais une nouvelle fois rendre hommage à Vincent (Lenhardt n.d.l.r) pour le travail de défrichage, de codification et le formidable enrichissement technique et théorique qu’il a créé, contribuant ainsi à faire acquérir ses lettres de noblesse à notre métier.
Je peux, chaque jour, à travers mes déplacement dans le pays, constater et mesurer à quel point sa contribution aura été profonde, puissante et féconde. Et ça ne semble pas terminé !
A titre d’exemple, et c’est une première pour ma part : une étude européenne a été conduite demandant aux coachs, à travers toute l’Europe, quelle est leur première préoccupation en lien avec leur métier.
A ma grande surprise, seuls les coachs français sont très très majoritairement, centrés sur la construction et leur croissance identitaire. Je pense que tout le travail de recherche et de diffusion qu’il fait autour de ce sujet de l’Identité du coach et le nombre impressionnant de coachs que les écoles CT ont formé contribuent massivement à un tel résultat.
Sinon, pour moi, factuellement, un coach professionnel est d’abord :
1/ un expert de la relation d’aide formé spécifiquement à ce métier (sur une base d’au moins 120 h).
2/ le coach professionnel accepte d’être en développement professionnel continu et de recevoir le regard de ses pairs (dans les groupes de supervision ou à l’occasion d’un parcours d’accréditation dans une fédération, par exemple)
3/ Sans être forcément issu du monde de l’entreprise, il a une bonne connaissance théorique et pratique des organisations et des équipes
4/ il dispose d’outils de lecture couvrant les 3 principaux champs d’intervention individuel, équipe et organisation, même s’il s’est spécialisé sur l’un de ces segments
5/ il est en supervision
6/ il a un lieu de développement personnel et/ou un lieu thérapeutique (individuel et/ou de groupe)
7/ il dispose de plusieurs grilles de lecture, d’outils et stratégies d’analyse et d’intervention, il est intégratif ( n.d.l.r : maîtrise plusieurs approches et outils complémentaires : Analyse Transactionnelle, PNL, Process Com, Systémique, Elément Humain, ….)
8/ il se reconnaît dans un code de déontologie qu’il peut défendre et expliquer.
9/ il est conscient et capable d’identifier et de gérer la complexité de la frontière coaching/thérapie. Un thérapeute qui ne s’est jamais formé au coaching réellement ne saura probablement pas gérer cette ambiguïté, notamment en milieu professionnel. C’est une compétence clé précieuse.
10/ idéalement, il comprend et peut intervenir sur des marchés et des problématiques très hétérogènes tels les marchés du particulier, de l’entreprise ou du secteur solidaire (complexe et faisant travailler des zones sous ou inexplorées dans les champs commerciaux)

=> Le coach professionnel est membre d’une profession qui :
1/ a reçu une reconnaissance légale et officielle des institutions européennes (cf Competency Framework de l’UE)
2/ est auto-régulée par 3 fédérations représentatives (ICF et EMCC internationales, SF Coach française) produisant chacune un code de déontologie et ayant mis en place une commission de régulation en cas d’intervention dommageable par l’un de ses membres. Pour moi, ces fédérations deviennent progressivement au métier du coaching ce que l’Ordre des médecin est pour les médecins.
3/ est capable d’intégrer toutes les formes et pratiques du métier de coach professionnel et en capacité d’accompagner les coachs dans leur professionnalisation et dans la durée
4/ est capable de défendre son métier et ses praticiens à travers ses institutions reconnues (les fédérations) »